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Carriériste et Rat défaitiste

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L’héritage des anciens

Carriériste et rat défaitiste

           Voyons… Quel bougre a bien pu se permettre d’éteindre la lumière ?...

             Ho !... Coucou petit rat tout chou !... Qu’est-ce que tu fous ?...

             T’es bien mignon mais… dis-moi, tu ne voudrais pas t’arrêter de voleter et de graviter ainsi autour de mon crâne… parce que là… ta désinvolture m’horripile un chouia, et pour tout te dire… tu commences franchement à devenir pesant. Admets tout de même que ton simulacre de crawl n’a rien de bien fascinant… alors, s’il te plait, redresse-toi et raconte-moi un peu ce qui t’amène ici.

 

             « Quelque chose comme… ta réussite, mon cher… »

 

             Ho !... Tu t’intéresses à ma réussite, toi ! petite chose à poil ras ! Tu serais bien le seul…

 

             « Ouep. T’as certainement dû lire l’avis de recrutement… Un poste de directeur régional se libère… Je serais toi, je m’empresserais d’assurer ma promotion… »

 

             Heu… Oui… Mais, si je me souviens bien de mes cours de psycho… Tu es… moi, c’est freudien, tous les protagonistes d’un rêve sont la seule et même personne, celle qui rêve… Et en l’occurrence, moi.

 

             « Pas exactement… Bon, je te l’accorde, je fais partie intégrante de ta conscience, mais… je ne suis qu’un aspect très passager de ta personnalité… »

 

             Tu ne serais qu’une simple réflexion ? Une introspection ? Un sujet directement issu de mes interrogations profondes ?

 

             « Si cela peut te rassurer de me percevoir de la sorte… Oui. »

 

             Qui es-tu alors… ou plutôt qu’es-tu ?

 

             « Humm… Là… Je préfèrerais m’abstenir… ne pas me prononcer… tout du moins, pas pour l’instant… Tu le sauras bien assez tôt… »

 

             Allez… S’il te plaît… Ou sinon… donne-moi une piste, un indice…

 

             « D’accord, un petit indice… Que pourrais-je te dire ?… Ceci : une chose est sûre, c’est qu’actuellement je te ronge sans répit. »

 

DRING !!

 

             Ho ! Zut !... Je m’étais assoupi !...

             C’est pas la grande forme en ce moment...

             Si quelqu’un m’avait surpris, imbécile heureux ! que je suis, ma carrière, j’aurais pu lui dire adieu !…

DRING !!

             Oui, oui… j’arrive…

 

             « Jules Edward Furlong, service des ressources humaines…

 

             - Jules Edward, c’est Jean-Jacques…

 

             - Ho ! Bonjour Monsieur le Directeur, que… que puis-je faire pour vous être agréable ?

 

             - Hé bien pour l’instant, pas grand-chose… Je me permettais de vous déranger afin que l’on fixe ensemble une heure dans l’après-midi pour s’entretenir à propos de… Vous n’êtes pas sans savoir qu’un poste de DR est sur le point de se libérer, et que cette vacance ne saurait durer…

 

             - Oui Monsieur… Je viens tout juste de m’affranchir de votre mémorandum…

 

             - Bien, très bien, je viens donc d’initier une campagne de recrutement et, vous devez vous en douter, je suis prêt à privilégier, avec une partialité qui me tient à cœur, les membres les plus brillants de notre société… C’est pour cela que je vous prie de bien vouloir me préciser, sur le champ, si cette promotion est susceptible de vous intéresser…

 

             - Disons que… Ce serait avec un immense plaisir que j’assurerai le bon fonctionnement de l’entreprise au niveau régional. Sincèrement, votre offre me paraît très alléchante… Hum hum… Voudriez-vous simplement me décrire à nouveau la nature exacte de la promotion en question ?…

 

             - Hé bien… Je n’ai pas trop de temps à vous consacrer pour l’instant mais, comme je vous le proposais tout à l’heure… fixons un rendez-vous… J’ai justement un créneau dans une demi-heure… cela vous conviendrait-il ?

 

             - Attendez… ça nous fait du… 15 heures… Oui… Cela me va très bien.

 

             - Parfait. Alors… je vais vous laisser vaquer à vos occupations…

 

             - Juste un instant Monsieur… Ce serait pour une petite précision… Si je puis me permettre…

 

             - Oui, allez-y, je vous écoute…

 

             - Si ce n’est pas trop indiscret, je désirerais savoir à quels autres collègues de l’entreprise vous aviez fait votre proposition…

 

             - Hé bien… Je ne sais pas si… Ma foi… pourquoi pas, je le tiendrai également au courant pour vous. Mon père – paix à son âme – m’a toujours répété que totale transparence était synonyme de totale réussite… Votre concurrent direct est : Paul Assiter, du service marketing.

 

             - Merci infiniment Monsieur…

 

             - Je vous en prie… À 15 heures alors ?

 

             - Oui Monsieur, 15 heures précises. »

 

             Ho ! Quel signe du destin, la providence me sourit, oui ! Je vais pouvoir mettre en place une petite stratégie, subtile, et si je m’applique, ne serait-ce qu’un minimum, elle sera infaillible… oui… infaillible…

             Je suis doué, j’le sais… et même très doué… Plus brillant et plus clairvoyant que la majeure partie de mes collaborateurs… même plus malin que le big boss… Il faut dire que c’est loin d’être un foudre de guerre lui aussi… Il suffit de le voir déambuler dans les couloirs… Démarche de vainqueur et sourire ravageur… Mais… je digresse…

             Allez. Fomentons-la cette petite stratégie… effilée, affûtée, aiguisée, dirigée à l’encontre de Monsieur l’obstacle Assiter…

 

             « Réfléchissons… Réfléchissons, ré/flé/chi/ssons. »

 

             Ha… J’suis trop naze, j’y arrive pas…

             Il me faut un remontant… de quoi me requinquer vite fait bien fait…

 

             « Guronsan, Guronsan, Gu… ron… san… »

 

             Où est-ce que j’ai bien pu foutre ces cachetons maintenant ?

             Oui, dans le second tiroir de mon bureau.

             Bingo !

             Une pastille… Non, deux plutôt.

 

             « Catherine !

 

             - Oui Monsieur.

 

             - Vous pouvez m’apporter un petit verre d’eau s’il vous plaît ?…

 

             - Tout de suite Monsieur. »

 

             Bon… Monsieur l’obstacle Assiter, à nous deux… J’ai une botte secrète, si secrète, et si récente en fait, que vous êtes bien loin de pouvoir même vous l’imaginer…

             Ana… Ma petite Ana…

             Je vais lui demander qu’elle me transmette quelques-unes des illustres foirades de son " supérieur " hiérarchique, susnommé l’obstacle Assiter et… le tour sera joué.

             Ana… Ma petite Ana… Quelle manne…

             Je vais faire d’une pierre deux coups, si je puis dire, les infos compromettantes d’un côté… pour enfin pouvoir être promu à la place que je mérite et un rendez-vous des plus aguichants de l’autre…

             Avec une de ces allumeuses…

             La miss dandine du popotin d’une façon telle, qu’une seule observation lointaine suffit à envoûter n’importe quel voyeur à l’instar d’un docile cobra et de son charmeur…

 

             « Hou là… Aguichante perspective oui… c’est le terme. Mais après tout, mon cher, c’est le propre de toutes donzelles intéressées, avides d’hommes à fric et à pouvoir, de séduire les futurs maîtres de l’univers… »

 

             « Allons bon, qu’est-ce que tu fais encore là toi ? J’suis fatigué mais… je ne dors plus… enfin… il me semble que je ne dors plus… Attends un instant…

             Aïe !!

             Non, je suis bien éveillé… Tu ne devrais pas être ici…

 

             « Que tu dis… Je ne partirais que lorsque j’y serais disposé… »

 

             - C’est cela oui… Surtout, te gènes pas… assieds toi sur mon clavier tant que t’y es, j’te dirais rien… Et puis… sans vouloir te froisser… je ne sais pas ce qu’il t’arrive mais… J’te signale quand même que tu t’enlaidis à vitesse grand V !

 

             « Ha oui… Tu veux certainement parler de l’aspect disgracieux de mon pelage et de ma dentition d’hémophage… mais à ce rythme… je risque de vite devenir monstrueux… »

 

             - Bien sûr… Oui… Bon, maintenant, tu vas me faire le plaisir de t’éclipser, s’il te plaît, j’ai assurément autre chose à foutre que discutailler le bout de gras avec un mirage…

 

             « Non merci… je me sens de mieux en mieux en ta compagnie… »

 

             - Allez, ne m’oblige pas à me répéter, tu dégages, une fois pour toute.

 

             - Mais Monsieur ! C’est vous qui m’avez demandé de…

 

             « Ha ! Ha ! »

 

             - Ho ! Excusez-moi Catherine ! Heu… Cela ne vous était pas adressé...

 

             - Avec qui discutiez-vous alors ?

 

             - Heu… Comment vous expliquer… heu… Laissez tomber. Merci pour le verre d’eau… Vous pouvez disposer… et prendre une pose.

 

             - Bien Monsieur. »

 

             Où es-tu passé rongeur parasite ? Tu te fous ouvertement de ma gueule et tu te défiles, comme ça… Ta laideur n’a d’égale que ta lâcheté…

             Mais qu’est-ce que je raconte ? Je perds la boule…

             S’il revient une fois de plus, je me décide à consulter… Je ne vais pas me laisser emmerder par cette vermine…

             C’est pas la grande forme en ce moment…

             Le surmenage sans doute… et tout ce stress…

             Bref... Je m’égare encore… Revenons à nos moutons :

 

             « Catherine ! Avant de partir fumer votre habituelle clope… vous pourriez me passer le poste 154 s’il vous plaît ?

 

             - Tout de suite Monsieur. »

 

MiiiiP… MiiiiP…

 

             « Service marketing, Ana à votre écoute…

 

             - Salut Ana, c’est Édi…

 

             - Salut Édi… ça va ? Dis-moi mon chou, le rendez-vous de ce soir tient toujours, ne me dis pas que tu m’appelles pour annuler, parce que si c’est le cas, je crois que je ne le supporterais pas, cela fait déjà deux fois de suite que tu reportes et…

 

             - Ho… T’affole pas comme ça… Reste calme… Rien à voir, bien sûr que je t’amène toujours dîner ce soir… J’ai même réservé une table dans un des restos les plus côtés de la ville. Mais, ce qui me ferait plaisir, c’est que tu me rendes un petit service…

 

             - Tout ce que tu veux mon chou… J’t’écoute.

 

             - Bon… C’est un peu délicat… Il faudrait que tu me sortes les résultats de ton patron pour les trois derniers mois d’exercice, et ce, toutes affaires cessantes, c’est très urgent…

 

             - Heu… Et tu penses que… que c’est très… réglementaire ?

 

             - Non, bien sûr que non, toutes ces informations sont rigoureusement confidentielles, et c’est précisément pour ça que je fais appel à toi…

 

             - Heu… T’es sûr de toi, parce que… heu… c’est pas que tu me fasses flipper mais… je ne suis dans la boîte que depuis trois mois et… j’en ai vraiment besoin de ce boulot…

 

             - Ana… Voyons… Ne va pas te faire de mouron pour ton poste… Si tu devais t’angoisser, j’t’assure, je m’en voudrais… Surtout, n’ai aucune crainte, fais-moi confiance, et garde en tête que je ne dévoilerai jamais mes sources...

 

             - Dans ces conditions… Je t’envoie un mail. Laisse-moi seulement le temps de remettre la main sur les dossiers… et tu auras le tout d’ici… heu… dix minutes, grand max…

 

             - J’te revaudrais ça ma puce… À ce soir, 19 heures, chez toi.

 

             - J’n’attends que ça… Bizous mon ange…

 

             - Biz… »

 

             Très bien…

             Mes gentils amis les cachets se sont-ils dissous ?...

             Oui. Encore trois secondes…

             C’est bon.

 

             Gloups…

… … …

             « Ho ho ! »

 

             « Non…

 

             « Si si… »

 

             - T’es où ?

 

             « Ouvre les yeux mon cher… Je suis sur une de tes confortables chaises… Assis, en vis-à-vis… »

 

             - Ha ! Ça y est, j’te vois, mais… tu vas encore grossir longtemps ? T’as bien triplé de taille depuis tout à l’heure ?

 

             « Hé ! Tout cela ne tient qu’à toi… »

 

PidouM !... Vous avez un nouveau message !...

 

             - D’accord… Tu veux bien patienter un peu, je viens de recevoir un mail d’une importance capitale.

 

             « Oui, je le sais déjà… Celui d’Ana ! »

 

             - Bon… Tu dois alors comprendre que la situation actuelle nécessite une pincée de tranquillité – inspiration, concentration… – afin que je puisse correctement analyser les graphes, et en tirer les infos qui me font défaut…

 

             « Je resterai donc muet… Fais ton office, et j’t’en prie, ne te préoccupe en rien de ma présence… »

 

             - Alors, voyons voir… Sa dernière action commerciale… pour le mois d’avril… a provoqué une baisse des ventes de… 12 pour-cent ! C’est énorme ! À se demander pourquoi il a été sélectionné pour le poste de DR…

             J’espère au moins qu’il n’est pas pistonné cet abruti fini…

 

             « Ho ! Excuse-moi mais… je me permets de t’interrompre… parce qu’il va peut-être falloir que tu calmes le jeu là ! Mes fesses ne vont bientôt plus loger dans ton fauteuil ! ma queue fait déjà plus de deux mètres cinquante ! et j’ai des oreilles si grandes que tu pourrais presque y plonger ta tête à l’intérieur !... »

 

             - Heu… Je veux bien mais… donne-moi un coup de main… Après tout, pourquoi ne serait-il pas pistonné ?

 

             « Mon cher… Même si cet abruti fini, comme tu le dis si bien, est pistonné, je suis persuadé que tu peux facilement contrecarrer ce point de détail… Résultats à l’appui, monte un petit spitch… Tu sais que t’es doué pour les mythos… Mûri ta réflexion et tu devrais pouvoir t’en sortir… »

 

             OK… Il me reste… très exactement…

             18 minutes.

 

             « Je crois qu’à présent… il est préférable pour moi, mes fesses, mes oreilles et ma queue… que l’on patiente tous debout… »

 

             - Oui, oui, fais comme bon te semble… mais j’t’en prie, tais-toi.

 

             OK… voilà… ce que je vais dire… heu… Passons les formules de politesse classiques… et allons droit au but… Voilà… je me suis permis de faire le point sur les activités de Paul Assiter et si mes résultats, enfin… NON ! Il ne faut surtout pas que je parle de résultats !…

             Donc… si mes simulations s’avèrent exactes, l’incidence de ses travaux sur la vente de notre dernière innovation serait bien fâcheuse… Selon mes estimations, elles auraient en effet provoqué une inflexion des bénéfices d’environ 15%, tel que vous pouvez le constater sur la représentation graphique ici présente…

             Cela ne me paraît pas trop mal… enfin… le plaidoyer me semble acceptable…

             Mais…

             Va-t-il vraiment apprécier le fait d’être informé de ces chiffres par une tierce personne ?... Il risque tout de même de m’assimiler à un odieux délateur... Il n’aime peut-être pas les rapporteurs…

 

           « Heu… Je commence sérieusement à avoir mal à la nuque là… C’est qu’les plafonds sont plutôt bas dans ces locaux… »

 

             « Ho… Tais-toi… »

 

             Plus que… 14 minutes…

             Mais…

             Si je retire le trajet jusqu’au quatrième et les cinq minutes d’avance qui font toujours bien… Il ne reste plus que… 7 minutes ! Zut ! Seulement 7 minutes ! Je suis vraiment dans la mouise là ! J’suis dans le mouise !…

             Imbécile heureux ! Tu n’aurais pas pu t’y prendre un peu plus tôt ! Te renseigner par toi-même ! au lieu d’attendre une nouvelle fois que tout te soit servi sur un plateau ! pré mâché !

 

             « Aouch !! »

 

             « Ta gueule ! Laisse-moi réfléchir !... »

 

             …Trois mois de chute continue pour une agence… une seule agence… cela ne promet rien de bon…

             …L’avenir de l’entreprise au niveau régional sera fatalement compromis si le poste lui est dévolu…

 

             Hé !... J’ai chaud tout à coup… c’est dingue…

             Mais...

             Pourquoi je tremble comme ça ?!... C’est… c’est pas normal !…

             Je stresse… Je stresse… Je dégouline… J’me tape une suée digne d’un funambule parano… C’est pas possible… Je peux pas me présenter comme ça…

             Mais…

             Je n’ai plus que quelques secondes… Il va bien falloir que je me décide…

 

             « Hé oui mon cher… Il va bientôt falloir se rendre à l’abattoir… »

 

             « L’abattoir, l’abattoir, tu n’es pas supposé me rasséréner toi ! Au lieu de ça, tu t’amuses à essayer de me saper toute ma volonté ! Admets tout de même que tu ne m’es pas d’un grand soutien !... »

 

             Allez… Courage…

             Bon ! J’y vais !

 

             « C’est parti ! »

 

             Non ! toi ! tu restes ici !

 

             « Que nenni ! »

 

             J’t’en prie…

 

             « Catherine, je vous laisse… J’ai rendez-vous avec le Directeur…

 

             - Bien Monsieur… »

 

             Non… Je t’en supplie… laisse-moi tranquille… reste ici…

 

             « Tu crois que l’on va loger tous les deux dans ce drôle de réduit suspendu ?... »

 

             Non… Je t’en supplie…

 

             « Ha… Bé oui… tu vois… je l’aurais jamais cru… »

 

             D’accord, je capitule, tu peux m’accompagner. Mais… primo, tu vas me faire le plaisir de fourrer ta queue ailleurs que sous mon nez, et secundo, tu la fermes, à partir de maintenant je ne veux plus entendre le moindre bruit…

             Et, s’il te plaît, évite de grincer des dents comme ça, c’est légèrement agaçant à force…

 

             « Heu… Je ne veux pas t’effrayer mais… c’est toi qui couines… »

 

             Ha… oui…

 

             « Et… Excuse-moi de te déranger encore une fois… Il faut peut-être que t’appuis sur le petit bouton du quatrième étage, si tu veux que l’ascenseur bouge… »

 

             Ha… oui…

             Voilà…

             À présent… laisse-moi me concentrer…

             Ho… punaise… J’y suis là, j’y suis… Je suis au pied du mur, il faut que j’assure, punaise, il faut que j’assure…

 

             … … …

 

DiinG !

 

             Suis-moi…

             Regarde, le rat, regarde, un de tes congénères, Asiter… Il sort tout droit de chez le patron… Il a le sourire…

             Et c’est à moi qu’il sourit cet abruti fini ?...

             Mais… S’il est si content de lui… c’est que son entretien a dû bien se goupiller, l’enfoiré ! Qu’est-ce qu’il a bien pu trouver à me reprocher ? Quels chiffres a-t-il avancé ?...

             Pourtant… Je n’en ai pas de spécialement mauvais…

             À moins que…

             C’est quand même moi qui l’ai recruté…

             Non…

ToC… ToC, ToC, ToC.

 

             « Entrez !

 

             - Allez… J’y vais… Je vais y arriver… Je vais tout déchirer…

 

             « Tu crois ? »

 

             - Bien sûr que oui !

 

             - Oui… Jules Edward… et vous êtes bien sûr… de quoi ?...

 

             - Ho !... Non, de rien Monsieur, excusez-moi, il m’arrive de parler tout seul parfois, je comprends… que cela puisse surprendre…

 

             - Vous ne me paraissez pas dans votre assiette Jules Edward… Des soucis particuliers ?... Vous êtes en nage…

 

             « J’te l’avais dit ! »

 

             - Et moi j’t’ai dit de la fermer ta grande gueule !

 

             - Jules Edward ! Mais ! je ne vous permets pas ! Que vous arrive-t-il ?...

 

             - Non… J’ai dit ça ?... Non…

 

             - Vous savez mon petit… Je vous recommande vivement de vous ressaisir ! et le plus tôt sera le mieux ! Non mais… pour qui vous vous prenez !

 

             - Excusez-moi Monsieur… Je ne voulais pas…

 

             - Et faites-moi le plaisir de prendre quelques jours de congé… Je vois bien que le moment n’est pas des mieux choisis pour vous proposer de l’avancement, vous n’en avez pas encore les épaules, regardez dans quel état tout cela vous met !

 

             - Non… non…

 

             « Si si… je crois qu’à présent… il n’y a plus l’ombre d’un doute… et par conséquent… je n’ai plus rien n’à faire ici… BYE BYE ! »

 

 

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