Porté apparu...Je n’ai pas bronché du fauteuil en rotin, le soleil darde, elle ponce furieusement les vieilles chaises jaune-pâle sous mon nez... Elle est belle quand elle est en colère, cette garce... Bien sûr, c’est rédhibitoire cette dispute.Elle est allée trop loin, cette fois.Mérite-t-elle pour autant que je me sacrifie sur l’autel de la discorde ? Une fuite, bien organisée, sans bavure, ne serait-elle pas plus hygiénique, pour elle, mes filles et pour moi ? Une longue lettre qui leur explique sans culpabiliser personne - surtout pas moi - les motifs de mon départ et les modalités financières de celui-ci : il faut que les choses soient claires. Je rembourse ma pente de toit et je solde la pension alimentaire avec les primes de licenciement, je vends la voiture, l’appareil photo, l’ordinateur. Je vends l’ordinateur ?...Pas de lettre, pas d’explication, rien : porté disparu. Je fuis comme un lâche que je suis, j’embarque sur le premier charter. Advienne que pourra. Dans deux ou cinq ans, j’écris d’Argentine à mes filles, je leur demande pardon et je leur paie une fantastique chevauché dans la Pampa...Avec quel argent ?
24 juillet / série "Ephéméride"
24 juillet / Porté apparu...
samedi 24 juillet 2010, par
