Le pantin"Du haut de ses 157 kilosl’obésité le contemple."Ricanante, humiliante !Un gosse a jeté "t’as vu le GROS" ?Projectile déchirant son centre,Déstabilisant, enfoncé en l’attente !L’attente ? quelle attente ?Il s’est arrêté, vacillant.Pauvre homme ! le mal était Là,Tel reptile lové en son creux !Désarroi poignant,dévorant son visage devenu terreux.Ses yeux, de brillance humidifiés,Coulaient en perles de désespoirjusqu’en son cou, de plis superposés.Triple menton posé sur le dérisoire.Il n’en pouvait plus de s’offrir,Cible persécutée, d’entendus sourires.Sourires méprisants au regard de pitié,Tètes se retournant sur son déformé,Quolibets acharnés, tels mitraille,Cinglant son Ego de verbes acérés.Dans ce rejet, il se sentait épouvantail,Clown, pantin, dont l’intérieur saignait.Il ne savait plus pourquoi, comment,Les kilos, sa silhouette, avaient squattée.L’ennemie était entrée subrepticement...Traîtresse, démoniaque : l’OBESITE !Ses vêtements couvraient mal l’écroulementde ses chairs, tristes étendards pendants.Il se sentait étranger à ce corps.Etait-ce le sien encore ?Ou avait-il endossé ce Carnaval,Cet aspect ridicule faisant si mal ?Pantin difforme. A l’atelier on l’appelait"la masse", "le gros", "l’enflé" ! Injures limnées.Doucement, il avait glissé vers la MORT,la mort MORALECelle qui dépose, en l’âme d’abord,Le froid de l’indifférence. Simple vestalede la grande prêtresse OBESITECette mort lente, implorait sa pitié.De pitié, Dame OBESITE n’a.Il la traînait tel un bouletà sa cheville attaché, jusqu’àn’en plus pouvoir mais......Il fallait choisir : holocauste sur l’autel de l’ogresseou OSER défier cette bougresse ?IL A OSE !!!!!Vous aussi !!!! bravoLa Passagère Clandestine
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