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Richard Palachak

Fragments de nuit, inutiles et mal écrits : 1-2-3

Wednesday 29 November 2017, by Blackout

Photo de Simon Woolf

Pour le livre de Richard Palachak, "Kalache", c’est par ici : KALACHE

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 1

 
La Lune était ronde et pleine comme une chienne engrossée, pissant sa lumière laiteuse sur la ville encanaillée. Une chienne volante en suspension devant nos yeux de beaufs ahuris, quelque part entre la noirceur absolue d’un ciel sans étoile et l’interminable étendue des cheminées en érection d’une usine de caisses à savon. Le laser de la discothèque balayait l’espace infini à sa recherche, poursuivant les pis craquelés de ses montagnes, le colostrum visqueux de ses mers obscures, les trayons béants de ses cratères immenses et le réseau veineux de ses crevasses sinueuses. Certes, les vallées brillantes de son ventre charnu promettaient de la chaleur et du lait, mais elles n’offraient au final que de la glace, de la poussière et la mort. Une aguicheuse en somme, tournant la tête des océans et des hommes.
 

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 2

La tronçonneuse démarra enfin dans un grondement de tonnerre. On se regarda avec Régis, l’air penaud et déconfit. Restait plus qu’à prier. Je m’efforçais de tenir mes zonards à distance en tenant ma bombe en joue, et Régis en faisait de même avec ses culs-terreux. Des lames sortaient déjà des poches et lançaient des éclats dans les ténèbres. L’étau se resserrait, on était condamnés au combat sacrificiel, au massacre, à la mort, avec son cortège grotesque de martyrs aussi vains que risibles. Alors vint la peur... La certitude de la fin... (silence) Et des hurlements inhumains déchirèrent le ciel.
 

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 3

 
Après d’interminables secondes, ce fut le soulagement général. La noyée toussa en recrachant un peu d’eau, Luc la renversa sur le flanc et elle se mit à vomir tripes et boyaux. J’étais suffoqué de voir qu’un si petit corps pouvait contenir autant de liquide. Serge poussa un soupir de délivrance et se tourna vers la foule des spectateurs en fulminant : « Barrez-vous bande de tocards, le spectacle est terminé ! Allez hop, du balai ! » Et la moutonaille finit par mettre les cannes, assouvie des photos snapchiotte, facedaube et instamerde, seyantes à inonder de coulis de courante les égouts du net.

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