Pour lui, mûrir et mourir ne sont séparés que par le « O » et le « ^ » de « Ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie, n’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ! ». Pascal Forbes
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Richard Palachak

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 22-23-24

Tuesday 16 January 2018, by Blackout

Photo de Simon Woolf

Pour le livre de Richard Palachak, "Kalache", c’est par ici : KALACHE

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 22

 
Gino l’invita à s’installer en face de moi, de l’autre côté de la table. L’avaleuse de sabre scellait jambes et imper, avec toute la force de la honte et de la pudeur. J’engageai la conversation histoire de détendre l’atmosphère. Un badinage superficiel en deux deux puis je mis les bouts.
Le lendemain, Gino était super fier de me raconter en détail sa partie de piquet. Rien de bien original, hormis la manipulation frénétique d’un plug anal rose et d’un torchon imbibé de poppers : « Ben ouais Kalache, c’est pour l’étouffer en la bourrant. T’as jamais fait ça ? »
Durant deux longues années, mon ami ne connut que plans cul et traversées du désert, remplissages et vidages de couilles passagers, petits bonheurs en plastique phosphorescent accrochés au plafond de la chambre d’un mioche, dans l’espoir de lui faire oublier le ciel et ses étoiles.
 

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 23

 
On se serra dans les bras comme des frangins et on mit les bouts. Je me traînais clopin-clopant derrière mes potes en me disant qu’au fond, j’allais peut-être bien finir mes jours ici, dans ce satané Stari Grad, errant de bar en bar en mendiant de quoi boire et fumer. J’étais attiré par une vie de clodo magnifique, dans le vertige et les flammes illusoires de la nuit serbe. Je brûlais d’un désir ardent de vie et de liberté, qui ne pouvait se consumer que dans le flamboiement de cette âme slave, crépitant au fond de mes entrailles marquées au fer rouge par la rakia et le Paprikash. J’étais prêt à tout, tout perdre jusqu’à mon slip et tout envoyer bouler. Dans la fièvre hallucinée de ce crépuscule méridional, je n’avais besoin de rien hormis trois verres, deux tiges et un frangin.
 

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 24

 
La soirée s’écoula au rythme du goulot, qui nous servait de sablier tandis que nous dégueulions sur l’ignominie des femmes. Exutoire misogyne de deux vieux pochetrons qu’en avaient connu des vertes et des pas mûres : la haine de la femelle en général, responsable de tous les maux de l’humanité depuis des temps sans commencement. Au fond, nous savions bien que sans elles nous n’aurions rien à dire.
 

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