Coup de matraque sur les doigts. Tiens, comme quand j’étais gosse, chacun a la Madeleine de Proust qu’il mérite. Christian Brissart
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Richard Palachak

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 10-11-12

Tuesday 19 December 2017, by Blackout

Photo de Simon Woolf

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 10

 
Regard malicieux et sourire narquois, invariablement. Il ne décollait pas de son tabouret, le bombers voûté au-dessus de son sky. À chaque fois qu’un petit jeune se pointait au bar, il lui faisait signe de s’approcher, lui chuchotant une menace tordue à l’oreille et ouvrant discrètement son blouson pour montrer son surin. Et la farce s’arrêtait là, ou presque. Le frère Gillain épiait l’horreur qui envahissait la bouille du gamin, la buvait des yeux comme un vampire le sang de sa victime, radieux et assouvi. Puis il retournait à son scotch, repus d’épouvante.
 

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 11

 
La lune ne connaît ni bord ni désunion, ses deux faces se complètent et se rejoignent dans des raccords invisibles. Elles s’épousent dans les ténèbres, une fois les spotligts éteints, à l’abri des regards et des préjugés. Sachez bien que dans le milieu, personne n’est dupe. Les enfants de minuit ont tous appris que les forces contraires s’arrangent en famille.
 

Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits : 12

 
Une sorte d’illumination, suivie d’une réflexion métaphysique de beauf, comme à l’accoutumée. Pour être plus précis, disons qu’avec cette bouche de canon appuyée sur le front, je me retrouvai soudainement face à l’imminence de la mort. Et c’est là seulement que je pris conscience de mon attachement pour la vie. Trop tard... Mon travail, mes économies, ma bagnole ou ma baraque, j’en avais plus rien à branler. Je pensais juste à mes gamins, à mes vieux, aux gens que j’aimais, en regrettant de ne jamais leur avoir dit à quel point je les aimais. Trop tard... Puis je pensai que ceux qui m’aimaient regretteraient peut-être de ne jamais m’avoir dit à quel point ils m’aimaient. Trop tard... Alors je les imaginais au champ des claqués, essayant de se rattraper, pleurant ma disparition, et suppliant le ciel. Et je m’imaginais les observer, les larmes aux yeux, derrière le rideau infranchissable de l’anéantissement. Trop tard... La publication est déjà faite, mièvre, chiante, inutile et faussement profonde. Du culcul gniangnian à souhait pour les amateurs de chatons disparus, maltraités, un gun sur la tempe et une bouteille de Perrier dans le cul... À votre humble pitié, Rich le hooligan, l’alcoolique, le maltraitant, le pervers, l’infâme a disparu. Merci de prévenir les autorités si vous retrouvez sa trace marron sur un slibard.

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