Avant la nuitD’autres s’abandonneraient sans lutter aux abîmes de l’inconscience, d’autres attendraient avec impatience cet instant béni ou la vie s’enfuit, d’autres se coucheraient face à l’insouciance. Un monde meilleur, un ailleurs où le maître est inconnu, nouveau à chaque fois, régnant à chaque fois sur un monde nouveau. Dont je fais partie. Tant ne veulent pas mais y sont obligés. Tant bataillent et se blessent et se torturent et s’abrutissent pour éviter le néant. Le néant noir où tout fout le camp. Péremptoire parapet à sauter, passage obligatoire entre deux épais murets, entre calvaire et divine bonté. Assis en tailleur à l’entrée, j’attends mon heure. Surplombé de tant de pensées imbriquées, j’attends mon heure. Enclavé par tout ce doute accumulé, j’attends mon heure. Et je me retrouve enfermé. Cloisonné. Et tout s’emboîte, me saisit et se déboîte, le sol se dérobe sous mes pieds. Je m’envole. Il me vole. Il y est encore arrivé. Il m’a encore volé. Lui.
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Avant la nuit
mardi 26 mai 2009, par
