L’empire des sensSi c’était l’odorat... L’odeur de l’humus, de la terre après la pluie. C’est la fin de l’été un orage vient d’éclater, une douche chaude bat la campagne. Le goudron fume...Si c’était le goût... Le goût de l’iode, celui qui parfume les huîtres, les ports de pêche les embruns... Et ce parfum délicatement salé qui colle à l’intimité des femmes...Si c’était le toucher... Oh ! La première fois que mes doigts ont pénétré la caverne tapissée de soie, lisse délice d’une femme enfin offerte après une si longue attente...Si c’était l’ouïe... Je suis allongé dans le noir, seul. Sur ma nouvelle platine laser, si nerveuse que la vibration des basses me parcourt l’échine : “Welcome to the machine, by Pink Floyd.”Si c’était la vue... Une petite culotte, immiscée dans la raie de blanches fesses rebondies comme deux pommes. Deux ou trois poils blonds et bouclés.Suffisamment pour me faire perdre... La vue.
30 septembre / série "Ephéméride"
30 septembre / L’empire des sens
jeudi 30 septembre 2010, par
