Pour moi le second degré, c’est dire le contraire de ce qu’on pense pour confondre ceux qui penseraient ce qu’on dit. Christian Brissart
Plus de citations...
Accueil du site > Éphéméride > Hier > 2010 > Mai > 29 mai / Qui a tué Rose Mamma Park ? (Partie 2/5)

29 mai / série "20"

29 mai / Qui a tué Rose Mamma Park ? (Partie 2/5)

samedi 29 mai 2010, par Blackout

Qui a tué Rose Mamma Park ? (Partie 2/5)
 
"Ne bouge pas ou tu es mort."
Au bout de l’artillerie, Bobby, neveu de Johnny, qui passe de peu à côté de l’héritage. A l’autre bout, la jeune héritière, qui rafle le maximum de la mise, qui risque, morte, de moins rafler. Une détonation un cri, Bobby s’écroule, il meurt comme il a vécu : de dos. Margaret est à bonne école et le flegme anglais qui lui a été enseigné dans les bonnes écoles prend vite le dessus : elle est la dernière a avoir vu Bobby vivant. Et la première à l’avoir vu mort. Il lui faut trouver un alibi, vite fait. L’assassin doit être loin, pense-t-elle. Elle a tort. Les lourds rideaux de la demeure tremblent et ce n’est pas d’effroi, et tandis que Margaret songe au magot de son père, une ombre s’allonge derrière elle dans un silence professionnel. Elle n’aura pas le temps de crier, elle n’aura pas le temps de trop souffrir, la cordelette tressée du rideau enserre son cou à porter des rangs de perles, l’ombre tire tire, il semble parcouru par des frissons de rage froide, mêlés à une sensation bizarre, proche de l’orgasme. Margaret s’effondre sur son magot l’ombre fuit.
Un peu plus loin, le tapin, Georgette allume le passant comme si de rien n’était. Elle n’aura pas les miettes de l’héritage promis par le patron, alors faut bien qu’elle travaille. Un p’tit bécot m’sieur ? Non merci… Non seulement ils refusent mais sont polis ces cons. Alors elle se caresse tendrement les avant-bras, noueux, qui l’ont plus d’une fois sauvée du viol.
 
Mark O’ Flanagan a invité ses amis du syndicat à un barbecue géant. C’est pas tous les jours qu’on dézingue un patron. C’est un véritable nœud de vipère qui déguste un vieux whisky autour du chef. Le chef est loin de faire l’unanimité. Jimmy Burnette qui conduit l’opposition recrache avec une rage contenue un noyau d’olive. Il reproche à O’Flanagan ses rapprochements suspects avec Johnny, le directeur. Rose Mamma Park n’est pas syndiquée bonnet blanc blanc bonnet, mais elle porte avec elle les espoirs des femmes ouvrières, largement majoritaires dans l’usine. Rose n’est pas syndiquée, Rose est ouvrière, Rose est noire et dans ses yeux noirs brûle le charbon de la vengeance, Burnett ayant secrètement participé au licenciement de dix femmes qu’ont eu le tort de l’ouvrir trop grande.
Mais Mark a décidé de passer l’éponge sur tout ça, le patron est mort, vive le patron, il invite la troupe à se rapprocher du barbecue. Il l’allume avec une symbolique digne de la statue de la liberté. Jamais d’ailleurs il ne l’avait allumé aussi facilement tandis qu’une averse parfumée et bizarre par ce beau soleil asperge les convives. Les flammes sautent sur l’occasion, car l’averse est inflammable et bientôt les invités ne sont plus qu’une torche vivante. Rose se roule par terre, ce qu’il faut faire en temps ordinaire, mais le liquide est tenace et dès qu’elle se relève le feu reprend. Les petites mains du syndicat O’Flanagan crient à la trahison, mais ils sont rassurés lorsqu’ils entendent grésiller la graisse de leur meneur. Et tous occupés qu’ils sont à cramer, personne n’entend quelqu’un s’enfuir.
 
A suivre...
SPIP | | Plan du site | Contactez-nous | Suivre la vie du site RSS 2.0
Conditions générales de vente | Black-out, tous droits réservés

logo region Limousin            logo crl