Big PetLes gens se retournaient tout le temps sur son passage. Il était beau, et surtout impressionnant : un mètre cinquante au garrot, un cou tellement puissant que Jean avait renoncé à lui trouver un collier. De toute façon il était si gentil, il marchait sur les traces de son maître et faisait ses besoins dans le caniveau. Il habitait d’ordinaire un pré de trois mille mètres carrés où il pouvait s’ébattre en toute liberté. Pourtant, lorsque Jean était obligé de descendre en ville, on le regardait d’un sale œil. Le comble était atteint dans le centre commercial. L’imposant animal ne passait pas dans les escaliers en colimaçon, et appréhendait de descendre à l’escalator, ce qui provoquait l’impatience des autres promeneurs. Parfois même fusaient des insultes si basses que je ne les reproduirai pas. Puis ce fut l’incident. Un méchant caniche noir, haineux comme un militant du front national et guère plus gros que sa crotte, mordit le bas de la patte de notre animal. Bêtement et sous l’effet de la douleur, celui-ci shoota dedans, et le caniche s’incrusta dans la vitrine de Décathlon, cent mètres plus loin. La maîtresse de la sale peluche était influente et on dut abattre Caramel.C’est ainsi que Jean avait appelé son veau,à cause du beau pelage de la race Limousine.
28 mars / Big pet
samedi 28 mars 2009, par
