Pour moi le second degré, c’est dire le contraire de ce qu’on pense pour confondre ceux qui penseraient ce qu’on dit. Christian Brissart
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28 mai / série "20"

28 mai / Qui a tué Rose Mamma Parks ? (Partie 1/5)

vendredi 28 mai 2010, par Blackout

Qui a tué Rose Mamma Parks ? (Partie 1/5)
 
Johnny Badwindow tombe ventre à terre avec un coupe-papier planté dans le dos.
Johnny n’a que des ennemis. Patron d’une tôle glauque en façade, où grouille un tas de limaces rampantes, il exploite en sous-sol des nègres qui tissent dans l’ombre et sous la menace des tapis persans. Deux règles : le bâton et le bâton. Il prend il essore il jette sans l’ombre d’un scrupule. Un peu plus loin au-dessus du sous-sol tapinent pour lui des putes sur le trottoir. Enfin je devrais parler de lui au passé.
Johnny joue au poker, je devrais dire triche au poker. Il perd quelquefois, sans ça ce ne serait pas drôle. Il perd pour le plaisir. Sauf. Oscar. Oscar le pêcheur, l’aligne régulièrement. Jonathan est régulièrement plumé par les deux, à tel point qu’il les soupçonne d’être de mèche. Mais lui était réellement absent au moment du meurtre.
Johnny a une femme pour la façade, une femme et deux enfants, une grande fille la jeune héritière, qui rafle le maximum de la mise, et un petit garçon, pour faire bonne mesure. Bobby le neveu passe de peu à côté de l’héritage.
Marcel est un français, amoureux de la femme de Johnny. Je veux dire avant qu’elle soit la femme de Johnny...
 
L’enquête piétine les alibis pleuvent, la dizaine de personnes présente au moment du meurtre était qui au poker qui à la pêche, ça mord à la tombée de la nuit. Seule la famille proche n’a pas daigné trouver de prétexte, il est évident que le meurtre ça n’était pas eux…
 
Oscar est un fervent de pêche à la mouche. Il passerait des journées entières à remonter des rivières glacées, à trébucher sur des rochers à guetter la touche. En amont, il ne laisse à personne d’autre le soin de confectionner ses mouches. Cinq kilomètres plus haut, sur une départementale déserte, une Rover vert d’eau est garée, moteur éteint. De l’eau jusqu’au mi-temps des cuissardes plantées entre deux saules têtards, Oscar fouette son lancer en direction d’une touche. Concentré à l’extrême, il pense avoir repéré la vieille, une truite d’au moins cinq livres qu’il a rencontrée maintes fois et relâchée maintes fois. Cinq kilomètres plus haut, sur une départementale déserte, une Rover vert d’eau est garée, moteur éteint. Deux hommes à l’intérieur. Mais ce coup-ci, Oscar a des invités de marque, alors la vieille, à la poêle… Cinq kilomètres plus haut, sur une départementale déserte, une Rover vert d’eau est garée, moteur éteint. C’est la Rover de Jonathan.
Oscar ferre, cette fois il la tient, il lâche du lest il tire il lâche du lest il tire on le pousse. Sans lâcher sa canne il bat des ailes les cuissardes enfournent l’eau glacée. Chaque fois qu’il veut prendre pied il glisse sur la mousse. Sur son visage, l’effroi ; un roc lui éclate la tête et met fin à son supplice. L’assassin remonte patiemment la rivière atteint la départementales un peu au-dessous de la Rover.
"On commençait à s’impatienter" seront les derniers mots de Jonathan, une balle en plein front, pas besoin de silencieux. L’autre homme tente de s’enfuir, deux balles deux genoux, la dernière balle entre les deux yeux…
 
A suivre...
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