Bon fondL’est triste, hein, mon éphéméride ? Eh non, le bonheur ne me sied pas au teint. Le GR20 autour de la Corse par un temps de Grèce, un casse-croûte, assis entre amis et en rond sur le frais gazon on fait passer le litron et le saucisson, mes livres en vitrine dans toutes les librairies les journalistes les autographes, la Jaguar crème et millésimée, je suis pas bon je trempe ma plume dans une encre trop délavée. Sans doute pas assez d’imagination.Je viens de recevoir un courrier, s’il est exact, il ne me resterait plus que deux cents euros par mois pour vivre. Je me réveille juste. Le traditionnel orteil contre le pied du lit, la journée commence bien. Site A.N.P.E. dix offres dont une de maquilleuse C.D.D. diplôme exigé, S.M.I.C., durée du contrat huit heures. Je souris. L’appartement est dans son état normal, indescriptible, slip par terre vaisselle débordante. Tout en songeant à la manière de fuir en Guyane, je l’attaque. Le couteau de boucher me fascine. Je le saisis des deux mains et l’offre à ma poitrine. Long et affûté comme il est — je le caresse régulièrement sur le fusil — il me passerait largement au travers du corps en se frayant un chemin en travers des côtes... Plus efficace que les cachets, et spectaculaire...Et dans la misère, je suis bon, hein ?
28 janvier
28 janvier / Bon fond
jeudi 28 janvier 2010, par
