L’année du crabe...Je mourrai en l’an deux mille douze comme dans "Soleil vert". Je mourrai quand on ne pourra plus courir nu et seul sur une plage de l’île d’Oléron. Même à trois heures du matin. Parce qu’il y aura trop de monde, partout. Faudra faire la queue pour bouffer, pour pisser pour chier, faire la queue pour respirer. Le ciel sera couleur de soufre et les banlieues d’immenses cimetières d’automobiles, carcasses vestiges d’une civilisation dépassée. Comme dans "Soleil vert". Plus de place que pour les transports et la vie en commun. La bouffe au bouffodrome, la pisse au pissodrome à récupération d’énergie, la baise au baisodrome. Sous contrôle médical, à cause du S.I.D.A qui atteint en 2012 un foyer sur deux, comme le divorce en mil neuf cent quatre-vingt-sept. Je mourrai en 2012. Quand depuis longtemps le travail ne sera plus qu’un privilège réservé à une multitude de crabes cadres. Grouillants sur un rocher, ils repousseront inlassablement à la mer les crabes chômeurs en fin de droit depuis une éternité qui essaient inlassablement mais en vain de se hisser hors de l’eau saumâtre. Et cette multitude de crabes, laborieuses marionnettes, sera manipulée par une poignée de voraces langoustes, qui continueront comme par le passé à se faire rôtir en société.
26 décembre
26 décembre / L’année du crabe
samedi 26 décembre 2009, par
