Un voilier rentre au port, un beau catamaran, qui a sans doute peur du tsunami final. Car en fait, si tous les médias parlent du cataclysme, aucun ne précise sous quelles réjouissances nous allons périr... Tsunami peut-être ? Inondation ? Tremblement de terre ? Virus foudroyant incendie généralisé éruption volcanique ?- Madame prendra ?- Un deuxième, la fin des temps se fête, non ?Ce que Mirabelle aime dans l’Américano, c’est l’amertume, bien sûr, et la couleur, ce rouge pétard, dans lequel nage une rondelle plus claire. Et le nom parle de voyage. Et puis ça vous tourne vite la tête.Mirabelle est contrariante, bien qu’habitant Nantes depuis la nuit des temps elle ne se prétend pas bretonne et déteste les huîtres. Aussi dégustera-t-elle en entrée une cassolette d’escargots basquaise, avec des piments, bien sûr... Elle prend son temps de décortiquer chaque bestiole afin de n’en rien laisser, son métier lui offre le loisir du temps.Personne ne semble percuter que la fin du monde est pour cette nuit. Un nuage de philosophie s’est-il abattu sur Nantes, murmurant à l’oreille de chaque Nantais que quoique l’on fasse cela n’y changera rien ? ça déambule, ça lit le journal ça vélote, un concurrent est à l’ouvrage de l’autre côté du quai, il ne s’y prend pas mal ma foi, bien que peu discret. Bonne pioche le larfeuille est joufflu. Mirabelle a toujours œuvré en solitaire, elle n’a confiance qu’en elle.Elle sauce le caquelon encore chaud et gras et avale le morceau de pain rouge et luisant.A suivre...
24 avril / série "Les fins du monde"
24 avril / Vol à l’étal (deuxième partie)
samedi 24 avril 2010, par
